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La capacité d’innovation : nouveau critère de valorisation boursière

Publié par Laurent Salsé le 9 janvier 2011

Et la valorisation d'une organe cubique ?

Et la valorisation d'une orange cubique ?

Comme chaque année, Apple vient d’annoncer avoir versé au titre de l’année 2010 un salaire symbolique de 1 dollar à Steve Jobs son CEO !

Au-delà de l’effet d’annonce, qui tranche avec la publication il y a quelques jours des salaires des dirigeants du CAC 40 – entre 3 et 9 millions d’euros – on voit peut-être émerger – enfin ! – une nouvelle philosophie en terme de valorisation des sociétés.

Car pour Steve Jobs, détenteur de 5,5 millions d’actions Apple – 266 milliards de dollars de Capitalisation Boursière – on comprend que la seule profitabilité de sa firme (15 milliards de dollars) est une source de revenue suffisante, à condition qu’elle soit durable et que c’est aussi pour cette raison que les investisseurs lui font confiance.

La capacité d’innovation, un nouveau critère de valorisation boursière

L’évolution du chiffre d’affaires d’Apple depuis 2001 est éloquente :

ð      2001 : 5 milliards de dollars avec ses seuls Mac

ð      2007 : 24 milliards de dollars

ð      2010 : 65 milliards de dollars

Une croissance vertigineuse, en pleine accélération et intimement liée au développement de produits innovants. Car dans le même temps :

ð      2001 : Apple invente l’iPod !

ð      2007 : Apple invente l’iPhone !

ð      2010 : Apple invente l’iPad …

Ce qui n’a pas échappé aux marchés qui valorisent aujourd’hui Apple 4 fois son chiffre d’affaires !

A l’image d’Apple, Facebook – encore non cotée en Bourse et valorisée plus de 25 milliards de dollars alors que son chiffre d’affaires dépasse tout juste le milliard de dollars – est valorisé par les investisseurs à hauteur de sa capacité d’innovation plutôt que pour sa profitabilité à court terme. Car Facebook comme Apple a tout misé sur le développement de son Produit pour construire sa marque. De quoi faire réfléchir les services marketings qui misent encore sur des campagnes de notoriété coûteuses pour construire leur marque : en tête du hit parade, GENERALI qui en 2008 versait 9 millions d’Euros à Zinedine Zidane pour sa campagne « génération responsable » (source Challenge). Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Avec la crise financière, les marchés seraient-ils devenus plus ‘Eco Responsables’ ?

Ce que l’entreprise investit sur sa marque en communication de notoriété avec l’objectif d’accroître ses revenues à court terme, représente autant de développements perdus pour l’innovation de ses produits. Au final, cet objectif court terme de profitabilité étouffe l’Entreprise et l’handicape dans son développement vers une performance durable. Alors quand le CEO de la 2nde société au classement mondial des Capitalisations Boursières  (entre 2 Compagnies Pétrolières) déclare un salaire annuel de 1 $, le symbole nous inflige à tous une bonne grosse leçon de management.

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